Elijah De BLa

les yeux du BLAKA

Archive pour la catégorie 'Poésie'


Mali: 56 ans et toujours dépendant de cette indépendance

20 septembre, 2016
Poésie | Pas de réponses »

Chaque 22 Septembre

Je fais le bilan trois mois avant Décembre

Avant moi, d’autres l’ont fait

Ils ont eu l’air suspect

56 ans que ça dure

A présent nos idées sont mûres

Je fais l’état de nos droits

Le compte n’y est pas je crois

Les années ne se ressemblent pas

On reste moins longtemps autour du repas

Personne ne presse les pas

Je veux pouvoir te léguer un pays indépendant

Libre comme Balla Fasséké et ses descendants

Héroïque comme le fils de Sogolon djata allant chercher le Siraboulounan

T’offrir du jus d’orange pressé et des croissants

Racontant l’histoire du  Kouroukanfougan

Avec le drapeau vert jaune et rouge flottant

C’est très tentant

Tentant comme l’entrecuisse d’une vierge promise à un prisonnier de 56 ans

Un demi-siècle d’érection difficile en attendant

Mais de loin tu vois l’hécatombe et le décombre

Le décor du désordre  dans le chaos est sombre

Sombre comme nos arbres sans feuilles et sans ombres

Effrayant comme 56 testicules de vieillards qui s’encombrent

Triste comme la mortalité, le chômage et leurs nombres

Nombres dont certains cachent les chiffres

Les chiffres de la magouille portent une griffe

Désespérant comme nos chers guides et leurs missions

Les missions religieuses font leurs émissions

Les émissions politiques tournent à la confusion

La confusion et nos vices construisent des villas à Nice

Dans nos villes, nos actes fabriquent des déserts sans oasis

Nos élus vivent de délits

Ils décident sans devis

Se moquent  de nos avis

Nous ne sommes pas leurs amis

Nos hôpitaux abritent un marché morbide mais pas de lits

Je peux te dire que mon pays n’est pas joli

Le temps des hommes braves est si lointain

Amadou Koufa n’est qu’un plaisantin

Où sont ces femmes qui n’avaient qu’une parole?

La parole d’honneur a laissé place à la prostitution des rôles

L’air peureux

Le regard creux

Le ventre poreux

Le cerveau contraint

L’espoir éteint

On pousse peu la réflexion pour un projet serein

Manger trois fois par jour devient la mission

L’indépendance et la liberté

Sont vils objectifs sans visibilité

Aucune référence

Surtout pas de préférence

Quelques mouvances

La confiance se bat contre la méfiance

Triste spectacle sous le regard de la souffrance

Je veux que tu saches que le Mali est en solde

Réduction de presque 100% comme pour  la mode

Comme si le vaillant Modibo Keita n’a pas eu le temps de faire des enfants

Ceux qui lui ont donné la mort font tout pour détruire nos enfants

J’aurais aimé te montrer un autre Mali

Un Mali ou le midi rappelle les assiettes des plages de Bali

L’étendard de la souveraineté s’est caché

Avec nous la quiétude s’est fâchée

Fâchée par la soumission des mandatés

Les mandatés ont modifié le mandat

D’ailleurs ça fait débat

L’épée de la révolte égorge mes propres frères

Damoclès nous tient dans une espèce de serre

Le sabre de Samory reste muet

Il ressemble à nos députés sourds et muets

De Kidal au Macina, mes chers frères errent

Nous avons trop de certitudes

Les certitudes confortent notre servitude

Le jour nous sommes philosophes

La nuit nous filons au bar soft

En réalité nous ne devons rien à personne

Nous avons des problèmes de personne

Libre dans une prison

Voilà l’état de nos droits en chiffon

Nos chefs ne valent que dalle

La dalle est ce qu’ils nous imposent en tirant des balles

J’aurais aimé que tu manges à ta faim

Que tu bois à ta soif aujourd’hui et demain

Mais chaque septembre, la tristesse m’envahit

L’état de nos droits n’est pas enviable

L’envie de fuir est générale

Rien qu’à voir les tombes dans l’océan tu comprendras

Les temps ont changé mais pas les draps

Il y’a autant de mosquées que de maisons closes

Maisons closes qui nourrissent la haute et sa cause

Les mosquées nourrissent les imams qui n’ont pas d’autres choses

La jeunesse s’est reconnu dans ces causes

S’est défait de ses buts

Préfère vivre la nuit

Le travail et l’école ne sont pas prévus

L’éducation est mise au placard

L’honneur s’en est allé avec les cafards

C’est l’horreur pour les maliens de Dakar

Personne n’arrive à l’heure aux rencards

Tu comprends d’où vient l’écart

La révolte enfouie dans la bouteille

Comme le Whisky dans le Coca en détail

Peuple dans le coma

Artificiel comme le café déca

La taille des filles détermine notre réussite

Autant se tirer une balle dans la tête quand la réussite nous visite

Chaque peuple mérite ses dirigeants

C’est évident

Mon pays paye des dettes à ceux qu’il entretient

Cette histoire est à peine croyable chez les martiens

On n’y comprend rien non plus chez les ségoviens

56 ans de tragédie

Certains dirons qu’on avance je te le dis

Quasi esclaves chez nous

Nous avons perdu le sens de la marche débout

Nous avons été trahis dès le début

Voir mon pays célébrer Septembre chaque 22

Je comprends qu’il nous manque des neurones au nombre de 22

Des millions et des milliards pour fêter notre dépendance

Faire semblant d’être indépendant

Indépendant juste le temps des bals dansants

La résignation a ce côté tranchant

Qui nous ampute de notre volonté

Exacerbe notre bonté

Les arabes sont arrivés en barbares

Nous ont tués avec des sabres et des barres

Nous avons pardonné et épousé leurs codes et leurs barbes

Les européens nous ont déportés au-delà de nos limites

Nous les embrassons avec des manières qui les imitent

Nous avons investi dans la mort des maliens

Pourtant nous partageons plus que des liens

Nous avons les mêmes biens

Notre indépendance est une sentence

L’air ignorant et pourtant en transe

Scellés par la matrice

.

Matrice dessinée par le vice

Nous ne sommes ni actif ni actrice

Nous naissons tristes

Nous mourons incompris

Incompris d’avoir réclamé

Réclamer nos droits et nos déjeuners

Nous perdons du temps dans les clivages

Ça rappelle l’esclavage

J’aurais voulu être indépendant

Pouvoir décider de temps en temps

Me reposer souvent

Devenir un exemple

Avoir une place au chaud dans le temple

Méditer l’hymne du Mali

Etre en phase avec les paroles de « A ton appel Mali »

Voir les fiers artisans parader

Applaudir nos brillants médecins dans un  défilé

Ecouter nos cœurs battre à l’unisson

Unisson avec les chants salvateurs du griot disons

A présent ce rêve marche à reculons

Ma liberté est sous condition

Je dépends d’une autre vision

Aveuglé par les dérives au nom de la religion

Soumis à un diktat

Obligé de signer des contrats

Contrats qui partagent mes fruits

Fruits de l’effort de mes ancêtres qu’on a détruit

Nous n’avons plus d’honneur

L’honneur est parti avec le bonheur

Pour son bonheur le griot vend ses louanges

Les plus offrants héritent du courage

La vérité est masquée

L’égalité est braquée

Le courage est traqué

La bonté est saquée

Nos coutumes sapées

Seul ce franc CFA est compté

Le temps nous est décompté

Pourquoi s’agiter en Septembre au fait

Pourquoi fêter la défaite

Célébration malsaine

Délire inhumaine

Défilé honteux

Projet douteux

Dirigeants fuyards

Peuple en plein brouillard

Manque de gaillards

Flambeau abandonné

Lanterne teintée

Triste est le sort du rêve du président Modibo Keita

Nous sommes accrochés aux pauvres visas

La montagne a accouché d’une souris

Il y’a comme une odeur de pourri

J’aurais aimé bomber le torse

Dire qu’en septembre, je prends des forces

Je te demande pardon pour ce simulacre

L’indépendance s’écrit avec des hommes

 Pas avec l’encre du sang des hommes

Ni avec des hommes qui lèvent l’ancre

Que les faibles rentrent

Le 22 Septembre ne sera pas ma fête

Me rappelle les souvenirs de ma défaite

Voilà pourquoi je ne dirai pas bonne fête.

Indépendance à crédit

Les comptes ne seront pas soldés ce jeudi

Développement en mirage

Progrès au mauvais virage

Politique de bas étage

Vision de mauvais présage

Notre vie se résume à des grimaces

La France nous tient par les couilles

Le FMI nous humilie par ses fouilles

La Banque mondiale nous pille et nous souille

Notre garde à la trouille

Or la garde meurt mais ne se rend pas

Elle ne plie pas

Elle ne casse pas

Seul le drapeau Vert , Jaune et rouge ne déteint pas

Le code 223 ne se démode pas

Nous sommes maliens, ça ne changera pas.

 

 

 

Elijah De BLA

 

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