Elijah De BLa

les yeux du BLAKA

20
août 2013
LE PROCÈS AURA-T-IL LIEU CETTE FOIS CI ?
Posté dans Non classé par rebellespacifiques à 1:15 | Pas de réponses »

Le grand chantier attendu par tous les maliens qui croient ou pas au nouveau président auréolé de la confiance des urnes est la reforme de l’armée malienne maillon faible du bien être à repenser et la mise sur rails de la justice à travers le procès du Mali.

Juger les présumés coupables n’est pas une vertu en république du Mali, quand bien même qu’une personnalité se retrouve devant la justice et se voit condamner, ses amis de la haute société s’empresse de vider de tout son sens la sentence du jugement. Il est quasi impossible au Mali de faire des exemples de la bonne marche de la justice à travers les responsables politiques et économiques.

Certains grands faits qui ont émaillés l’histoire pas si lointaine  du Mali témoignent de l’impossibilité de faire appliquer la loi à tous. Le plus grand procès pour crime économique et crime de sang qui a vu la condamnation de l’ex-président Moussa TRAORE et sa bande de malfaiteurs s’est terminé  par une scène de honte. S’il est vrai qu’il fut condamné à la perpétuité pour les faits qu’il n’est pas nécessaire de rappeler ici, il s’est retrouvé plus tôt que prévu à la lumière de la liberté pendant que ses victimes n’avaient pas encore fini d’agoniser. Ce qui s’est passé autour de l’illustre  prisonnier GMT est tout simplement  ahurissant de complaisance au plus haut sommet de l’état. Une farouche concurrence s’est déclenchée entre Alpha O KONARE et Amadou Toumani TOURE pour savoir qui des deux sera le premier à accorder ses largesses à GMT. Pendant que  AOK attendait le bon timing pour lui accorder une grâce présidentielle pour lui éviter l’exécution comme prévue par la loi malienne  ATT lui offrait chaque année  le mouton pour l’aïd el kebir. C’était comme s’ils regrettaient pour l’un d’avoir renversé le régime dictatorial de GMT et pour l’autre d’avoir mis en place les conditions du procès. Une certaine gêne était perceptible dans la classe dirigeante malienne. Quelques années après, dans les conditions que nous savons tous, GMT fut gracié par le président KONARE puis libéré et réhabilité par ATT qui le nomma conseillé spécial du président chargé du culte.

Pendant ce temps là, en 2001, le maire du district de Bamako se nommait Iba N’DIAYE qui était aussi secrétaire général de l’ADEMA, très zélé  comme pouvait l’être le parti lui-même à l’époque, il s’est fendu d’une déclaration qui avait fait couler beaucoup d’encre. Un soir sur un plateau télé dans les studios de l’ORTM, il s’est permis de déclarer : « les magistrats maliens sont tous des corrompus » sans en apporter les preuves. Comme on pouvait s’y attendre, leur réponse ne s’est pas fait attendre, ils ont immédiatement riposté pour propos diffamatoire   dans le but de discréditer le corps de la magistrature. C’est naturellement que monsieur le maire du district de Bamako fut jugé puis condamner à cinq mois de prison ferme avec effet immédiat à Ségou.

Le monde politique, social malien venait de subir un grand choc  à travers un malheureux précédent qui pose problème au principe de l’impunité des dirigeants. Le président AOK à l’époque avait refusé de s’en mêler, laissant la justise faire. Dans cette configuration, Iba N’DIAYE et ses amis étaient devant le fait accompli sans arme aucune pour sauver Iba.  Leur volonté d’effacer toute trace d’un précédent qui ouvrirait la porte à la possibilité d’un procès du dirigeant malien était si forte qu’ils eurent l’intelligence de recourir à la chefferie des griots du Mali. En 2001, le trio dirigeant  de la chefferie de cette caste à qui on ne refuse rien au nom des équilibres pluri séculaire  se composait comme suit : feu Djeli Baba SISSOKO, feu Djeli Bakary SOUMANO, feu Barou DEMBELE. Chacun de ces trois grands griots représentait un monument pour chaque malien. Pour les avoir côtoyé de près, leur charisme ajouté au discours subliminal qui était le leur ne laissait personne indifférente dès lors qu’on est un minimum attaché à la culture du manding comme ils le martelaient souvent. Ce sont ces trois personnes qui sont allé  rencontrer les magistrats et leurs représentants pour présenter les excuses d’Iba N’ DIAYE. Ils ont avancés le fait qu’un noble ne peut refuser une demande des hommes de la caste des griots. Les choses ainsi présentées ne pouvaient qu’avoir une issue favorable. Voilà comment la plainte fut retirée et le jugement en condamnation annulé.

Au-delà de ces faits qui constituent des repères pour la justice et le justiciable malien, chaque fois qu’un dirigeant malien se retrouve à passer quelque  temps en prison, on lui aménage les conditions de vie afin qu’il s’y sente mieux que le condamné lambda. Il y’a cependant pire situation dans le « deux poids deux mesure » malien : le responsable condamné ne passe que la journée en prison ou en garde à vue, le soir il rentre chez lui dans sa villa ou il se sent mieux.

Le cadre du procès est loin d’être un acquis au Mali, or nombreux sont les malien qui attendent de ce procès. Il faut des exemples en toute chose, les maliens doivent patienter car les habitudes ne s’estompent pas en si peu de temps et le temps est la donnée la moins disponible en quantité pour la reconstruction du Mali. Va-t-on reporter le procès ? Va-t-on bâcler le procès comme nous avons coutume à le faire ? Ou tout simplement allons-nous oublier le procès ?

 

ELIJAH DE BLA


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